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Déclaration OPERAT : prêt pour le 30 septembre 2026 ?

22 juillet 2026 par
g.jaubert@arqane.fr


Déclaration OPERAT : prêt pour le 30 septembre 2026 ?

Tous les bâtiments qui abritent 1 000 m² ou plus d'activités tertiaires doivent déclarer leurs consommations d'énergie de l'année 2025 sur la plateforme OPERAT avant le 30 septembre 2026. La déclaration validée génère l'attestation annuelle qui, depuis le 1er juillet 2026, doit être affichée dans le bâtiment et annexée aux baux et aux actes de vente. Huit semaines suffisent pour déposer un dossier propre, à condition de démarrer maintenant.

Qui est concerné par l'échéance du 30 septembre 2026 ?

Le dispositif Éco Énergie Tertiaire s'applique à tout bâtiment, partie de bâtiment ou ensemble de bâtiments qui cumule au moins 1 000 m² de surfaces tertiaires, qu'il soit privé ou public. Le seuil est fixé par le décret n° 2019-771 du 23 juillet 2019.

Concrètement : des bureaux, un hôtel, une clinique, un commerce, un entrepôt avec une part de bureaux. Un bâtiment mixte est concerné dès que ses surfaces tertiaires cumulées atteignent le seuil, même si aucune activité ne l'atteint seule.

L'obligation pèse à la fois sur le propriétaire et sur l'exploitant. Le bail répartit les rôles, mais côté administration, personne ne peut se retrancher derrière l'autre.

Que faut-il déclarer exactement ?

Les consommations de l'année 2025, tous fluides confondus : électricité, gaz, réseaux de chaleur et de froid, fioul. La déclaration se fait par entité fonctionnelle assujettie (EFA), c'est-à-dire par unité cohérente d'activité au sein du bâtiment.

Le mécanisme ressemble à la déclaration de revenus : une échéance annuelle fixe, des justificatifs à réunir, et un intérêt évident à ne pas s'y prendre la veille. À une différence près : ici, rien n'est prérempli. Ce sont vos factures, vos index et vos surfaces qui font foi.

C'est aussi le moment de vérifier votre année de référence, celle qui sert de base aux objectifs de réduction : moins 40 % en 2030, moins 50 % en 2040, moins 60 % en 2050. Elle se choisit sur 12 mois consécutifs entre 2010 et 2019, selon les modalités de l'arrêté du 10 avril 2020. Une année de référence mal choisie, et c'est toute votre trajectoire qui devient inutilement exigeante.

Pourquoi la déclaration 2026 n'est pas une déclaration comme les autres ?

Nouveauté de cette année : depuis le 1er juillet 2026, l'attestation annuelle générée par OPERAT doit être affichée de manière visible dans le bâtiment et communiquée aux acquéreurs et aux locataires lors des transactions. Le cadre a été actualisé par l'arrêté du 1er août 2025, et les praticiens du droit immobilier recommandent déjà d'annexer l'attestation aux baux, comme le détaille cette analyse d'avocats publiée sur Village Justice.

Autrement dit, votre déclaration ne finit plus dans une base de données : elle finit dans votre hall d'entrée.

Prenez un hôtel de 4 000 m². Ses clients ne remarqueront probablement pas l'attestation affichée à la réception. Mais l'investisseur qui visite avant de racheter les murs, le locataire qui renégocie son bail, l'assureur qui met à jour son dossier : eux la liront. Une bonne note devient un argument de négociation. Une mauvaise note se paie, en euros, au moment de signer.

Quels sont les pièges classiques d'une déclaration ?

Quatre erreurs reviennent sans cesse :

  1. Un périmètre mal découpé : des EFA oubliées, des surfaces approximatives, des locaux vacants mal traités. C'est le défaut le plus fréquent et le plus coûteux, car il fausse tous les ratios.
  2. Une année de référence choisie par défaut, sans vérifier qu'elle est la plus favorable à votre trajectoire.
  3. Des données incomplètes : compteurs communs non répartis, locataires qui ne transmettent pas leurs factures, fluides secondaires oubliés.
  4. Attendre septembre pour s'y mettre, et découvrir à ce moment-là qu'il manque un accès OPERAT ou un an de factures.

Et si vos objectifs 2030 paraissent hors d'atteinte malgré une déclaration propre, la réglementation prévoit une soupape : la modulation. Le dossier se prépare sérieusement, et il doit être déposé au plus tard le 30 septembre 2027 pour la décennie 2030. Nous avons consacré une page complète au sujet : comprendre le dossier technique de modulation.

Comment tenir le 30 septembre sans stress ?

L'échéance du 30 septembre revient chaque année, pour les consommations de l'année précédente, sur la plateforme officielle operat.ademe.fr. Voici le rétroplanning que nous appliquons :

  • Fin juillet : cadrer le périmètre. Lister les EFA, vérifier les surfaces, contrôler les accès et les rattachements sur OPERAT.
  • Août : collecter. Factures et index 2025 tous fluides, relance des locataires ou du bailleur, consolidation des surfaces.
  • Début septembre : contrôler. Cohérence des kWh/m², recherche des trous de données, corrections.
  • Mi-septembre : déclarer sur OPERAT et récupérer l'attestation.
  • 30 septembre : attestation affichée dans le bâtiment, annexée aux baux en cours de signature, justificatifs archivés.
Rétroplanning OPERAT 2026 Consommations 2025 : dépôt sur OPERAT avant le 30 septembre 2026 Fin juillet Cadrer le périmètre EFA, surfaces, accès Août Collecter les consommations 2025 Début septembre Contrôler et corriger Mi-septembre Déclarer sur operat.ademe.fr Échéance 30 septembre Attestation affichée dans le bâtiment arqane.fr
Le rétroplanning OPERAT 2026 en 5 jalons.

Huit semaines, quatre points de passage, aucune urgence si le premier démarre cette semaine. Et si vous préférez confier le cadrage à un tiers neutre qui ne vend ni travaux ni énergie, c'est exactement le rôle de l'accompagnement Arqane.

Que risquez-vous en cas d'absence de déclaration ?

La procédure est graduée : mise en demeure, publication du nom du défaillant sur un site de l'État, puis amende administrative pouvant atteindre 7 500 € pour une personne morale, renouvelable chaque année, selon les modalités précisées par le décret n° 2021-1271 du 29 septembre 2021. En cas de contrôle, le dossier complet doit être produit sous 15 jours.

L'amende reste modeste au regard des enjeux. Le vrai coût est ailleurs : une attestation absente ou une note dégradée au moment où un bail se négocie, où un actif se vend, où un banquier instruit un dossier.

Questions fréquentes

Que se passe-t-il si je rate l'échéance du 30 septembre 2026 ?

Vous vous exposez à une mise en demeure, à la publication du nom de votre structure et à une amende pouvant atteindre 7 500 €, renouvelable. Le plus coûteux reste l'attestation manquante face à un locataire ou un acquéreur.

Puis-je encore ajuster mon année de référence ?

Oui. Elle se choisit sur 12 mois consécutifs entre 2010 et 2019 et peut être corrigée dans OPERAT si elle vous dessert. Les demandes de modulation des objectifs de la décennie 2030 se préparent dès maintenant, pour un dépôt au plus tard le 30 septembre 2027.

Qui déclare : le propriétaire ou le locataire ?

Les deux sont visés par le dispositif. En pratique, la répartition suit le bail et les compteurs : chacun déclare ce qu'il maîtrise. L'essentiel est qu'aucune entité assujettie ne reste orpheline.

Vous voulez vérifier votre périmètre ou votre année de référence avant de déclarer ? Réservez un rendez-vous de cadrage de 30 minutes, sans engagement.